Le poisson surgelé a-t-il la même valeur nutritive que le poisson frais ?

 

Les réponses avec Jacques Fricker, nutritionniste :

« La qualité nutritive des poissons surgelés n’est pas la même que celle des poissons frais, car la surgélation ne conserve pas les oméga 3. Les oméga 3 sont des nutriments extrêmement sensibles à la surgélation. Au bout de 6 mois, il n’y a plus d’oméga 3 dans le poisson congelé. Quand vous achetez un poisson surgelé, si la date de pêche est supérieure à 6 mois, le produit n’est pas dangereux mais il est moins intéressant car il va y avoir moins d’oméga 3. La meilleure solution est d’aller au marché, congeler soi-même le poisson et le manger dans le mois qui suit. Les poissons les plus intéressants sont les moins chers : maquereau et sardine.

« Les poissons en boîte de conserve comme le maquereau et la sardine sont très bons car ils sont riches en vitamine D et en oméga 3. Et comme dans les conserves il n’y a pas d’air, les oméga 3 restent présents. Malheureusement le consommateur a tendance à assimiler les conserves au côté bon marché et donc à penser que cela n’est pas très bon pour la santé. Or les conserves de poissons sont tout à fait correctes. »

 

Source: http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-le-poisson-surgele-a-t-il-la-meme-valeur-nutritive-que-le-poisson-frais-_8708.html

 

L’agriculture bio en Afrique: Des enjeux d’une pratique aux impératifs de règlementation

 

L’agriculture bio, dans un contexte mondial où la dimension environnementale est très présente et très pressante, apparaît comme une véritable alternative, aux enjeux et aux défis multiples. En Afrique, continent où l’intensification agricole, ces dernières années, a impacté négativement la qualité des sols, le bio semble être une aubaine. Il le sera davantage si le défi de la règlementation, clé de l’ouverture vers les marchés mondiaux, notamment ceux des pays développés, sera réussi. Où en sont les pays africains en termes de règlementation de l’agriculture bio? Qui sont les bons élèves africains en la matière? Dossier…

Capture d’e?cran 2016-05-01 a? 18.18.02

 

Approche conceptuelle

L’agriculture biologique, plus connue sous le diminutif «bio», est une agriculture qui se pratique sans l’utilisation de produits chimiques ou autres intrants issus d’organismes génétiquement modifiés.  Misant sur l’utilisation de pratiques traditionnelles durables telles que la jachère, l’agriculture biologique fait appel à des substances d’origine organique (animale ou végétale) et à quelques minéraux.  Elle combine alors à la fois les techniques agricoles modernes et les enjeux écologiques, en s’inspirant de l’agriculture traditionnelle

Vu sous cet angle, l’agriculture africaine est fondamentalement biologique : l’utilisation de produits synthétiques tels que les pesticides et les engrais étant peu connue par bon nombre d’agriculteurs africains, les techniques agricoles et de fertilisation des sols restent encore traditionnelles, dominées par les substances d’origine organique.

La certification, quant à elle, renvoie à la «conformité d’une activité avec une norme donnée». Pour le cas de l’agriculture bio, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, les normes sont relatives aux méthodes de production. Dit autrement, «les principes, critères et indicateurs qui balisent les pratiques environnementales liées, entre autres, à la fertilisation du sol, au contrôle des insectes et des maladies, à la manutention des denrées; ainsi qu’aux éléments sociaux de la production ou de la chaîne commerciale comme les conditions de travail, le prix des denrées, etc.». La certification constitue alors en «une procédure par laquelle une tierce partie donne l’assurance écrite qu’un produit, processus ou service est en conformité avec certaines normes».

Radioscopie de la bio dans le monde

En retraçant l’évolution de l’agriculture bio dans le monde, on constate que la barre va crescendo. Selon des études scientifiques réalisées dans ce domaine, la surface mondiale cultivée suivant le mode biologique (certifié et en conversion) est estimée à plus de 37,2 millions d’hectares fin 2011, pour 1,8 millions d’exploitations bio enregistrées dans la même période.

En effet, entre 2000 et 2011, le nombre de fermes bio a été multiplié par 7,2 dans le monde, tandis que la surface mondiale cultivée selon le mode bio a été multiplié par 2,4. Faut-il toutefois souligner que 20 pays seulement, dont l’Australie (32%), Argentine (10%), les Etats-Unis (5%), la Chine (5%) et l’Espagne (4%),  s’accaparent 86% des surfaces bio à l’échelle de la planète, durant cette même année 2011.

En matière de consommation de produits bio, l’Europe (44%) et l’Amérique du Nord (48,5%) représentaient à elles seules plus de 9/10ème du marché mondial.

Par rapport aux marchés des pays occidentaux, le marché africain du bio est globalement peu développé. Les productions bio sont substantiellement destinées à l’exportation, si elles ne servent tout simplement aux cultures vivrières. Même si davantage de terres agricoles sont consacrées à l’agriculture biologique dans le monde, force est de reconnaître que le pourcentage de l’Afrique reste faible : la superficie des terres d’agriculture biologique en Afrique ne représente que 3% de la superficie mondiale dédiée.

Sur un autre registre, celui de la règlementation, tendon d’Achille du bio africain, seulement 86 pays dans le monde s’étaient dotés de normes réglementaires pour l’agriculture bio en 2011, soit moins de la moitié des pays de la planète. Et la majeure partie de ces pays où la certification bio est encore à la traine se trouve en Afrique.

Cela, bien évidemment, ne doit pas empêcher de voir les réussites opérées par certains pays en la matière à l’instar de l’Ouganda, la Tunisie et l’Ethiopie, entre autres, leaders de cette pratique en Afrique.

Réglementation bio en Afrique : appréhender les enjeux d’une nécessité

La règlementation de l’agriculture biologique en Afrique est la cheville ouvrière pour un rayonnement plus réel et un développement plus concret de cette pratique dans le continent. Lequel développement présente des enjeux de taille pour l’Afrique sur le double plan écologique et économique.

Sur le plan environnemental, l’agriculture bio, tout en garantissant une meilleure autosuffisance alimentaire, est un moyen pour lutter contre la désertification progressive, la dégradation des tCapture d’e?cran 2016-05-01 a? 18.18.09erres cultivables et l’érosion des sols, entre autres phénomènes environnementaux qui sévissent  sur le continent. Dans ce cadre, il convient de rappeler que l’Afrique compte 500 millions d’hectares de terres arables dégradées.

Dans le versant économique, l’agriculture bio peut être un réel outil de développement en ce sens qu’elle permette aux populations locales d’obtenir une meilleure rémunération de leur travail, les produits issus de ce type d’agriculture offrant de meilleures marges que les produits standards.

L’agriculture étant un secteur vital de l’économie sociale africaine, la promotion du bio, en raison de la forte demande de ce type de produits dans les pays développés notamment, représenterait, d’une part, une source d’entrée de devises grâce aux exportations, et, d’autre part, un moyen pour réduire le taux de pauvreté très élevé du continent via l’augmentation des revenus des paysans.

Mais, cela ne serait possible que si les produits bio africains respectent les normes de certification en vigueur dans ces marchés-là. Autrement exprimé, il faut absolument lever le verrou de la certification des produits biologiques, gage de débouchés sur les marchés internationaux.

Où en sont les pays africains en matière de réglementation de l’agriculture bio? Quels sont les pays les plus avancés dans ce domaine? Comment l’Afrique pourrait réussir le pari de la règlementation pour mieux valoriser ses énormes potentialités en produits bio et exporter davantage son expertise vers les marchés mondiaux les plus prometteurs?

Ces pays africains qui se distinguent…

D’emblée, faudrait-il reconnaître que la réglementation de l’agriculture bio, quoique dynamique dans certains pays africains, est encore embryonnaire à l’échelle continentale, tant le creuset entre les potentialités existantes et la production à l’export est grand. En effet, peu de pays africains se sont dotés de normes biologiques.

Pour repère, en 2007, seule l’Afrique de l’Est disposait d’une norme biologique contraignante en l’occurrence la «norme des produits biologiques de l’Afrique de l’Est» (EAOPS). Cette deuxième norme régionale au monde après celle de l’Union européenne est applicable à l’ensemble des pays de la région.

C’est dire que la règlementation des produits bio est un sujet encore frais pour beaucoup de pays africains. Pour d’autres, qui ont, sans ambages, compris le caractère fondamental de la certification pour exporter vers les marchés occidentaux, ils ont, à des degrés différents, mis en place un cadre institutionnel et réglementaire qui promeut leur agriculture biologique. C’est le cas notamment de pays comme l’Ouganda, le Maroc, la Tunisie, l’Ethiopie et la Tanzanie.

A en croire le apport Organic Word daté de 2013, seuls le Maroc et la Tunisie disposaient, en 2012, d’une règlementation dans la région maghrébine. D’autres pays comme l’Egypte, le Kenya, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Zimbabwe étaient encore, durant cette période, à l’étape d’élaboration et de mise en œuvre.

La Tunisie, l’Ouganda, l’Afrique du Sud et la Tanzanie sont les pays qui ont les plus grandes superficies agricoles exploitées sous certification biologique, tandis que les pays africains disposant de cahiers des charges officiels de l’agriculture biologique sont la Tunisie, l’Egypte et les pays d’Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Rwanda et Burundi).

C’est en Afrique Centrale (Angola, Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine, RDC, République du Congo, Sao Tomée-t-Principe et Tchad) que la réglementation de l’agriculture bio est la moins avancée.

D’autre part, en matière de certification des produits, seuls UgoCert (Ouganda) et Certysis (Belgique) étaient accrédités, en 2012, par l’Union Européenne pour certifier les produits d’agriculture biologique provenant de l’Ouganda et de l’Afrique de l’Ouest (Burkina-Faso, Ghana, Mali, Sénégal) respectivement.

L’agriculture biologique en Afrique est davantage consacrée aux cultures de rente telles que les olives (Afrique du Nord), le café, le coton, le cacao et l’huile de palme (Afrique subsaharienne).

L’Ouganda, ce leader africain

L’Ouganda, pays de l’Afrique de l’Est, est aujourd’hui le pays leader en matière d’agriculture biologique dans le continent africain. En effet, en 2003, le pays occupait le 13e rang mondial et le premier rang en Afrique en termes de superficie dédiée à l’agriculture biologique. En 2010, l’Ouganda représentait, à lui seul, 21% des surfaces agricoles biologiques africaines. Le pays dispose également du plus grand nombre de producteurs et détient le système institutionnel le mieux organisé.

Sur le plan de la réglementation, il a été adopté en 2004 une norme ougandaise relative aux produits biologiques, sans oublier l’adoption en 2007 de normes de l’Afrique de l’Est susmentionnées.

Ce développement de l’agriculture bio en Ouganda, fruit d’une volonté politique qui s’était concrétisée en 2009  via l’adoption d’une politique ougandaise relative au bio, démontre, si besoin en est, de l’immense importance qui doit être accordée à la dimension normalisation et certification, car tel est le secret de la réussite de ce pays modèle en Afrique.

Egalement, le cas ougandais montre l’élan de dynamisme que peut donner un système de réglementation et de certification pensé et mis en place à l’échelle régionale comme c’est le cas dans beaucoup d’autres régions du monde telles que l’Union européenne, l’Amérique du Nord, entre autres.

D’ailleurs, à titre illustratif, à partir de 2012, l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique ont reconnu mutuellement leurs normes de certification. Résultat: les importateurs de produits biologiques de chaque pays peuvent désormais acheter des produits biologiques de l’autre pays sans demander une certification nationale !

La Tunisie, ce géant bio du Maghreb

Dans la région du Maghreb, c’est la Tunisie qui règne en maître. C’est vers la fin des années 1980 que remontent les premiers développements de l’agriculture biologique en Tunisie. Mais, ce sera surtout en 1999 que le secteur a connu un réel envol à travers la promulgation de la loi N° 30 du 5 avril 1999, qui marque officiellement la naissance de l’agriculture biologique en Tunisie. Cette loi sera complétée par le décret n°2000-409 du 14 février 2000, fixant les conditions d’agréments des organismes de contrôle et de certification et les procédures de contrôle et de certification dans l’agriculture biologique.

Plus de 10 ans après, la Tunisie est devenue une référence africaine en matière de production bio. Aujourd’hui, il est le deuxième pays exportateur d’Afrique de produits bio et le 24e au niveau mondial en termes de valeur. La Tunisie est également  le troisième pays producteur mondial d’huile d’olive bio, derrière l’Espagne et l’Italie.

Dans ce pays, la superficie des terres agricoles biologiques est estimée actuellement à 400.000 hectares et s’élèverait à 500.000 hectares en 2016, pour un volume de production bio avoisinant, de nos jours, les 265 mille tonnes par an. Il convient de souligner que près de 75% du total des superficies certifiées en Tunisie sont des oliviers et des arbres fruitiers (amandiers et palmiers dattiers).

Tout comme le cas de l’Ouganda, la success-story tunisienne est une résultante d’une volonté politique au plus haut sommet de l’Etat. Une stratégie nationale a été mise au point en matière d’agriculture bio et a abouti à de nombreuses réalisations : parution de textes réglementaires de l’agriculture biologique, création de structures spécifiques de recherche, etc. Sur le plan institutionnel, une commission nationale est en gestation et qui sera chargée de la programmation, de l’évaluation et du suivi des travaux de recherche ayant trait à l’agriculture biologique. L’objectif ultime étant d’instaurer un label bio et de le mieux positionner.

L’huile d’olive, les dattes et les légumes biologiques, tels sont les principaux produits qui se taillent la part du lion dans les exportations tunisiennes de produits biologiques.

Ces verrous à faire sauter

L’agriculture africaine, qui est par nature une agriculture bio, connaît certes un développement notable, mais il faudrait lever un certain nombre d’obstacles pour renforcer la place de l’Afrique dans le rang mondial des pays leaders en produits bio.

Bien évidemment, le premier verrou à faire sauter, c’est celui relatif aux normes de certification pour les ériger au même niveau que les standards internationaux. Une condition sine qua none pour aller à la conquête des très porteurs marchés européens où la demande en produits bio ne cesse d’augmenter.

Aussi, la cherté des processus de certification pour nombreux d’agriculteurs bio africains constitue un réel obstacle au développement de la filière bio africaine. Ce qui conforte la thèse selon laquelle, la réglementation et la certification bio doivent d’abord être le souci des pouvoirs publics au plus haut niveau des Etats africains.

Faut-il fustiger également le fait que les quelques certifications qui proviennent des pays en développement sont rarement reconnues par les pays importateurs, d’où l’importance de veiller à la conformité des lois locales par rapport aux exigences changeantes des marchés européens.

Dans un autre versant, la plupart  des exploitations agricoles d’Afrique travaillent et commercialisent leurs produits individuellement. Il serait, dans ce cadre, opportun de les organiser autour de chaînes de valeur au sein de groupes ou d’associations dans le but de renforcer leur pouvoir de négociation.

Enfin, mettre en place des normes africaines de portée régionale permettrait d’éviter la fragmentation de la filière biologique à cause de l’existence de plusieurs normes nationales.

L’Afrique devrait se penser comme un marché unique. Un marché bio avec une seule norme biologique. Si vraiment elle veut conquérir le marché mondial du bio… !

 

Source:      http://energienvironnement.com/lagriculture-bio-afrique-enjeux-dune-pratique-aux-imperatifs-de-reglementation/